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Retour sur 3 mois d'utilisation d'une Smartwatch
Et pourquoi je suis toujours persuadé que c'est le futur
Sylvain comment One Comment

Il y a 14 semaines d’après Instagram (il est d’ailleurs intéressant de noter la manière dont le principe de timestamp relatif – pratique courante sur les réseaux sociaux – change notre rapport au temps), il y a 14 semaines donc, je recevais une smartwatch, grâce au généreux Capitaine Train, que je recommande à tous d’utiliser (depuis au moins 2011).

Pendant ces 3 mois d’utilisation, je l’ai portée tous les jours sans exception. J’estime donc être capable de proposer à internet un retour d’expérience sur l’utilisation d’une smartwatch au quotidien. « Mais pourquoi internet en aurait quelque chose à branler ? » allez-vous me demander. Et je vous répondrai qu’il n’y a pas un moment, à la terrasse d’un café, en soirée, au bureau, pas un moment sans que quelqu’un ne s’étonne de voir soudain un écran s’allumer sur le poignet de son interlocuteur. S’ensuit alors moults questions auxquelles je me propose de répondre ici.

Ce qu’il faut avoir en tête dès le début, c’est qu’une smartwatch n’est pas smart au sens de nos smartphone. Une smartwatch n’est pas autonome, elle a besoin d’un smartphone pour fonctionner correctement. Je considère cette montre comme une extension de l’écran du téléphone. Configurée par défaut, la montre se contente d’ailleurs de relayer les notifications du téléphone. Voilà : c’est un écran-relais, avec un bracelet en caoutchouc, et qui donne l’heure.

Il n’empêche que ce n’est pas une raison pour dévaluer son intérêt, bien au contraire. La preuve en est que j’ai eu du mal à m’en passer pendant ces trois mois, alors même que j’avais abandonné la Pebble assez rapidement. Dans cette chronique pour Studio 404, j’expliquais que le principe « d’écran-relai » permettait de palier assez efficacement la tendance désociabilisante du smartphone, qui nous happe si aisément dans son flot de notifications, et nous fait perdre le fil de la conversation qui nous animait physiquement quelques secondes auparavant. On vient tous de passer du temps en famille pour les fêtes, combien de fois votre grand-mère vous a-t-elle rappelé à l’ordre ?

L’écran-relai d’une smartwatch joue alors le rôle de filtre social. Il permet en un coup d’œil de connaitre les tenants et aboutissants d’une notification importante, et de juger rapidement si elle nécessite une implication plus poussée de notre part. À la manière d’un coup de fil lorsque l’on est au milieu d’une interaction sociale, on juge si l’on décroche ou non en fonction du nom du correspondant. « Excuse moi je dois répondre à ce mail » is the new « Désolé mais je dois décrocher, c’est le boulot ».

Comme tout appareil intime et omniprésent dans nos vies physiques, la smartwatch nécessite une configuration fine et empirique, personnalisée aux usages de chaque utilisateur (voilà pourquoi je n’ai jamais compris l’iPhone, tellement identique pour chacun, alors que chaque usage est unique). Au fur et à mesure de son utilisation, on décide quelle notification doit déclencher une vibration, laquelle doit s’afficher sur l’écran. On se plait également à tester les fonctionnalités de Google Now.

Petite parenthèse : réduire Google Now à un simple « Siri pour Android » est une sacrée erreur que commettent beaucoup de sites de high-tech. Bien sur, il y a la commande vocale, mais cette dernière n’est que l’interface utilisateur d’une experience beaucoup plus globale, celle d’un moteur algorithmique qui connecte entre eux tous les services de Google.

Lorsque votre montre vibre pour vous indiquer que, compte-tenu du lieu de votre prochain rendez-vous renseigné dans Google Agenda, et étant donné que votre moyen de transport le plus régulier est le métro, il faudrait partir de votre position actuelle maintenant et prendre telle ligne pour être à l’heure, vous abaissez lentement votre poignet et vous vous dites « putain, le futur ».

Un dernier point tiens, qui finit de me rendre cette montre indispensable : le GPS. Encore une fois, la montre n’est qu’un input/output, tout ce qui se passe entre les deux est calculé dans votre poche. Mais lorsque vous n’avez pas les mains libres, ce tour de passe passe a quelque chose de magique.

Je fais pas mal de vélo dans les rues de Paris, et j’ai tendance à ne pas être ponctuel du tout. J’enfourche souvent mon cadre en catastrophe, ne sachant pas du tout quelle direction prendre pour arriver à mon point de rendez-vous. Le temps de pédaler jusqu’au bout de la rue, j’ai eu le temps de « Ok Google, aller à Palais du Louvre », et quand le feu passe enfin au vert, mon téléphone a calculé l’itinéraire. À chaque changement de direction, ma montre vibre et m’indique où aller, c’est aussi simple que ça. Mes mains sont libres et je me concentre sur la route.

Vous allez me demander s’il y a des bémols, eh oui, il y en a, le produit est loin d’etre parfait. Mais les mises à jour successives corrigent et implémentent de nouvelles fonctionnalités qui répondent totalement aux besoins des utilisateurs (mention spéciale au « mode cinéma »).

Enfin, la batterie, d’une autonomie d’un jour et demi, vous oblige à la recharger tous les soirs quand vous vous couchez, un peu comme votre smartphone.

Je reste donc persuadé que ce principe d’écran-relai (comparable au Google Glass) peut avoir un taux de pénétration assez considérable, mais pas aussi fort que les smartphones, car dispensables tout d’abord, puis esthétiquement difficile à faire adopter. Je connais beaucoup de passionnés de montre qui aiment en changer tous les jours, c’est pour l’instant incompatible avec l’utilisation d’une smartwatch. Mais de la même manière que la prochaine version des Glass pourra être un écran à chausser sur ses montures, on peut imaginer des montres classiques « augmentées » par des nano-écrans transparents…

Pour les curieux, le modèle que je possède est le LG G Watch. Je vous conseille également la lecture ou l’écoute de la chronique sur les Wearable Device dans Studio 404, où je développe les premières pistes d’une économie de la notification, sur laquelle je risque de revenir très prochainement.

Bises,

Sylvain

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  1. Ivre, il laisse un COMMENTAIRE, sur un blog.
    Plus sérieusement, tu ne penses pas que c’est encore trop « cheap » et trop « passé » (vs futur) quand des lunettes bien développées et bossées te permettrait d’aller encore plus loin ? En te débarrassant bien sûr d’une part du téléphone et d’autre part de la montre.
    Les wereables devices doivent tous-t-ils êtres des supplétifs du smartphone ?
    merci de ta réponse.