Je n’ai pas été le mec le plus malin du salariat quand est venu le temps d’organiser mes vacances. Il faut dire que je ne suis pas le type le plus prévoyant au monde, en tout cas pas pour ce genre de choses. L’ennui c’est qu’il faut l’être, ce type, quand on travaille dans un grand groupe et que « poser ses jours » se fait difficilement du jour au lendemain avec un sac de marin sur le dos et un panama enfoncé sur le sommet du crâne. Quand mes collègues prévoient leurs séjours à New York depuis plusieurs mois, j’ai plus tendance à lâcher un « ok, roule » à 4h du matin en faisant claquer ma pinte vide sur le comptoir et en m’essuyant la bouche après qu’un pote m’ait proposé un plan qui ressemble à des vacances pour dans 3 jours.

C’est un peu de cette manière que je me suis retrouvé sous une tente par 0°C sous la pluie islandaise en plein mois de juillet, sauf qu’en guise de comptoir, j’étais sur Gtalk et que je buvais en réalité un gin avec une rondelle de concombre.

J’aurai le temps de revenir sur l’Islande, d’autant que j’ai de la photo et de la vidéo à partager mais que ça prend un temps fou à derusher / retoucher / monter, d’autant plus que j’ai pas que ça à faire.

par Olivier Tesquet
par Olivier Tesquet

Tout ça pour me plaindre et vous dire que j’ai pas eu les vacances les plus reposantes du monde. Heureusement, j’ai la chance d’avoir une convention collective de gros branlos qui me laisse repartir encore une poignée de jours pour profiter de quelques plages ensoleillées et de temps libre à consacrer à la lecture et à la remise en question de ma condition d’esclave de la société de consommation.

C’est motivé par la possibilité de cet idyllique et reposant tableau que j’ai accepté la proposition de mon ami Samuel. Oh ça n’a pas été facile. Il a fallu que je réfléchisse tout en finissant mon verre, puis que je le repose, et enfin que je lui réponde après avoir avalé ma bière, car si je l’avais fait avant, les choses seraient devenus compliquées pour ma chemise comme pour la sienne (qui est en réalité la mienne, on pourra y revenir plus tard mais Samuel a la fâcheuse tendance à venir chez moi à l’improviste pour me faucher quelques fringues et ne jamais me les rendre).

Samuel portant un sac (le mien) bourré de fringues (les miennes)
Samuel portant un sac (le mien) bourré de fringues (les miennes)

Samuel travaille depuis plusieurs années dans le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire et fait partie de cette poignée d’illuminés persuadés qu’une alternative à l’économie capitaliste est possible. Il est convaincu – et s’efforce de convaincre les autres (je crois même qu’il est payé pour ça) – que le travail peut avoir un autre sens que gagner le maximum de fric pour s’acheter un yacht et le mouiller à St Tropez. En fait il croit dur comme fer que le travail peut avoir un sens tout court et qu’on peut non seulement y prendre du plaisir, mais en plus s’en servir pour véhiculer et transmettre des valeurs humanistes, voire – et là tenez-vous bien – changer le monde.

Vous imaginez bien que moi qui ai abandonné mes rêves utopistes il y a bien longtemps (le jour où j’ai découvert le prix d’une carte graphique), je devais être sacrément pété pour lui balancer mon « ok, roule » après avoir entendu son projet. Et ce faisant, j’ai mis une croix sur les seuls jours de repos ensoleillés qui s’offraient à moi.

 

Ticket For Change

Me voici donc embarqué, du 25 août au 4 septembre, dans un tour de France en bus. Paris > Marseille > Condom > Bordeaux > Lille > Paris, avec 60 candidats triés sur le volet qui brûlent d’envie de bousculer les institutions et de changer le fonctionnement de notre société de gros détraqués.

C’est là : tour.ticketforchange.org

Le concept est simple, ils vont rencontrer des gens super célèbres dans le milieu de l’économie sociale et solidaire qui vont leur raconter que c’est quand même super tendu et qu’il faut s’accrocher un peu parce qu’ils vont bien galérer avant d’être pris au sérieux et d’avoir un projet qui tient la route. 60 wannabee entrepreneurs du social (dont 10 mecs qui sont déjà en poste dans des grands groupes) qui vont faire mûrir leur idée en rencontrant des Nicolas Hulot (le parrain), des Najat Vallaud Belkacem ou des Emmanuel Macron, en suivant des workshops sur comment je monte ma startup et puis je retiens mes larmes quand elle se casse la gueule, ou encore en suivant les conseils avisés de mecs hyper-connus du milieu mais que moi je les connais pas trop (mais je vais potasser avant d’y aller, promis, je suis pas si branlos que ça).

Ces mecs hyper famous qui peuvent résoudre la faim dans le monde, améliorer la condition de la femme et faire tomber des dictatures, vous savez pas non plus forcément qui c’est donc arrêtez tout de suite de vous la péter, faites un peu preuve d’humilité pour une fois dans votre vie et écoutez moi deux secondes :

Le Tour est conçu de telle manière qu’il est ponctué de tout plein d’événements publics auxquels vous pouvez accéder même si vous débarquez en mode « j’ai vu de la lumière ». L’idée c’est de s’inscrire sur les events Facebook et de suivre les instructions. Promis, c’est pas un Open Air de la Rotonde donc on vous demandera pas de vous humilier avec des statuts du genre « Moi +5 merci ».

La liste des événements est ici : tour.ticketforchange.org/evenements

Très sérieusement : il y a des trucs vraiment cool, que ce soit pour faire la fête à la Belle de Mai (c’est mon Roro qui mixe) ou assister à votre première FailCon à Bordeaux, franchement si vous êtes dans le coin ça vaut le coup.

Il y a pire comme endroit (Friche de La Belle de Mai, Marseille)
Il y a pire comme endroit (Friche de La Belle de Mai, Marseille)

Mon job dans cette histoire, c’est de bosser avec la Mobile Newsroom, un groupe d’une demi-dizaine de joyeux drilles qui mettent tous leur spécialité au service de la cause, camarade. Preneur de son et podcasteur, photographe, live-twittos, coach social media (il faut bien que nos futurs entrepreneurs apprennent les règles du clash tout de même, on va pas les jeter comme ça en pature aux twittos) etc. etc.

On va produire du contenu comme des gros cochons, sur le maximum de points de contact, le tout réuni sous la bannière du tag #Ticket2015 et sur le site live : live.ticketforchange.org

Ma mission au sein de la Mobile Newsroom, c’est de pondre le carnet de bord : tous les jours, à 11h, un article sur Medium qui raconte la journée précédente en piochant allègrement dans les contenus que mes petits copains auront égrainés tout au long de leurs aventures, tels des chapelets 2.0 répandant la bonne et douce parole de l’entrepreneuriat social.

Si vous vous faites un peu chier sur la fin du mois d’août (un mois sans Roland Garros, Super Bowl ou autres Playoffs), je vous invite à suivre nos petites aventures autour de la France. Vous avez le lien vers les events, le hashtag, le site live… allez, si vous voulez vraiment vous sentir utile, inscrivez-vous aussi sur le Thunderclap, on s’engage à faire juste un petit tweet discret le 25 août, promis.

 

Si vous avez des questions je suis pas sûr que je pourrais répondre à tout mais j’essayerai.

 

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