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Un article sur le freelancing que vous ne trouverez pas sur Medium
Et une compilation d'Instagram #Officeoftheday
Sylvain comment 10 Comments

Il y a quelques mois, 6 pour être exact, j’ai quitté mon CDI au Groupe Le Monde pour travailler en tant qu « indépendant ». Après 3 années au département publicité du groupe média, j’ai pris cette décision pour plusieurs raisons. D’abord, j’ai été débauché par un autre groupe média dont je tairai le nom (mais sachez que les clins d’œil de mes chroniques du Studio 404 ne sont pas anodins). Après de nombreux aller-retours, de nombreuses offres et contre-offres, je me suis retrouvé dans un état de doute total, une impasse décisionnelle, un cul-de-sac d’hésitation.

Mon cœur (et non mon cerveau) a profité de ce moment de flottement dans la logique de la vie professionnelle pour se rappeler des découvertes et des explorations consécutives à Ticket for Change. Aka « ton bureau est là où tu poses ton laptop« , « il existe d’autres manières de travailler » et « pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas boire tous les soirs ? ». N’ayant à l’époque que la réponse à la troisième interrogation (alcoolisme et cirrhose du foie), mon cerveau a pris mon cœur au mot.

C’est pourquoi aujourd’hui je vous écris assis dans un canapé devant l’âtre d’un feu de cheminée, dans le lobby de l’Hoxton Hotel de Shoreditch, à Londres.

Another boring day at the office.

Une photo publiée par sylvain paley (@sylvainpaley) le

Après 6 mois, je vous propose de faire un petit retour d’expérience collectif : tout le monde aura la parole mais c’est d’abord moi qui commence (vous êtes tolérés, ici).

Non en vrai beaucoup de mes amis me demandent « alors le freelancing ? Lol ! », c’est donc l’occasion d’avoir un article sous la main à leur lire à haute voix lorsqu’ils me reposent la question pour la 100e fois.

Attention, beaucoup d’Instagram de mec en freelance dans cet article.

« Comme tu peux bosser de n’importe où, tu voyages tout le temps ! »

« Faux ! »

Non Norman, t’es encore bourré, ta chaîne Youtube c’est l’étage juste en dessous (parfois j’imagine internet comme un grand appart’ dans lequel on habiterait tous).

En fait être en freelance, c’est travailler. Donc travailler depuis chez soi, Londres ou l’Afghanistan, ça revient un peu à la même chose. En plus tous les café se suivent et se ressemblent (Mélissa nous explique ça très bien dans le 404 de septembre). Non vraiment : c’est cool de se balader, on va pas se mentir, mais on fait pas plus de tourisme pour autant.

Après, soyons honnête : je voyage plus fréquemment ou pour plus longtemps, parce que je ne suis pas lié à une convention collective de congés payés. Mais ça dépend du rythme qu’on veut suivre. Celui que je teste en ce moment, c’est « bosse comme un chien pendant 4 mois, puis barre toi aussi longtemps que possible ». On va voir ce que ça donne.

 

Par contre un truc indéniable : je me balade beaucoup entre Paris et Londres en ce moment, pour des raisons d’amour fou, et mes semaines sont 10x plus productives à Londres (dans le sens « produire des choses »). La raison ? Aucun rendez-vous avec les clients quand je suis pas à Paris, donc plus de temps derrière l’ordinateur à produire.

J’ai pas dit que voir le client était une perte de temps hein.

Non je l’ai pas dit.

« Mes potes freelance, j’ai l’impression qu’ils n’en foutent pas une »

Presque vrai. La différence entre le freelancing et le salariat, c’est qu’à son propre compte, on a la paresse décomplexée. Je peux faire une sieste après le déj parce que bon, coup de barre lol, je peux regarder le dernier Game of Thrones en plein milieu de l’après-midi parce que merde, j’en ai marre d’être sur cette présentation depuis ce matin, je peux me perdre dans les méandres de Facebook ou Wikipédia jusqu’à que je me rappelle que la deadline pour cette note d’intention c’est ce soir.

Ça résume assez bien le truc : tu organises ton temps comme tu le souhaites, mais au bout tu as toujours un client à satisfaire, et c’est lui qui te fait bouffer. D’ailleurs je pense que le soylent a été inventé par des freelances : un jus concentré ultra-nourrissant qui leur permet de moins bosser parce qu’ils n’ont jamais faim. En tout cas c’est ma théorie.

Si t'es heureux d'être freelance tape dans tes mains 👏👏

Une photo publiée par sylvain paley (@sylvainpaley) le

 

Ce qui nous amène à vous confier de manière hyper honnête ma philosophie concernant le travail : moins j’en fais, mieux je me porte. Je suis l’anti « travailler plus, pour gagner plus ». J’ai jamais entendu un truc aussi idiot d’ailleurs. Moi je veux « travailler mieux, pour pas être fatigué ». C’est pour ça que le cœur de mon activité, c’est d’abord de la méthodologie : je préfère passer du temps à réfléchir à la manière efficace de résoudre un problème, plutôt que perdre de l’énergie à foncer tête baissée pour trouver la solution. Et pour moi, l’efficacité, c’est dépenser le moins d’énergie possible pour arriver à un résultat. Les entreprises aujourd’hui ne sont pas vraiment configurées pour célébrer ça.

COMMENT CA JE M’ÉLOIGNE TOTALEMENT DU SUJET ?

« Alors, tu fais toujours du planning strat’ ou pas ? »

Oui et non. Si comme moi, ta définition du planning strat’ c’est ça (à 8:00), alors oui je continue, et j’en ferai toute ma vie. Par contre je l’applique dans plein d’autres domaines que celui de la publicité ou de la communication. Je produis du contenu, j’anime des ateliers et des événements, je participe à la transformation du modèle de grands groupes, j’aide des salariés d’un point de vue RH à changer de méthodologie ou de culture, j’accompagne des startups … tout ça pour moi sont des dérivés (voire des débouchées) du planning stratégique.

We now have a place in London we can call home, and it comes with a pretty cool office. 🌱☕️

Une photo publiée par sylvain paley (@sylvainpaley) le

 

« Comment tu fais pour gérer tous les clients en même temps »

Vraie question. J’ai 8 clients/missions en même temps en ce moment, avec autant d’adresses mails différentes et parfois autant de team Slack. J’utilise principalement Trello et la caféine. Trello de manière assez classique : des colonnes pour l’état d’avancement des tâches et des labels pour les clients. La caféine, c’est une cafetière à piston d’un litre que je fais le matin avec une mouture assez légère, et ça me fait la journée (vous aviez cru à une blague hein et ben non je suis hyper sérieux avec le café les gars).

Office of the week.

Une photo publiée par sylvain paley (@sylvainpaley) le

 

« Moi j’arrive pas à bosser de chez moi, il faut que je sépare le pro et le perso »

J’ai aucun soucis avec ça. Peut-être parce que j’ai pas d’enfant et que mon appart’ est plus beau que le tiens.

Staving off October's cold with hot coffee , plants and candles.

Une photo publiée par sylvain paley (@sylvainpaley) le

 

« C’est quoi le délire avec ton compte Instagram ? Tu t’es pris pour un blogueur voyage ou quoi ? »

Malaise.

J’aurais pu le mettre dans la partie « tu aménages ton temps comme tu veux » : le freelancing ça permet aussi de lancer des projets, de tester des trucs et de suivre des intuitions qu’on a jamais eu le temps d’explorer. Mon compte Instagram fait partie de ce genre d’initiative, tout comme développer Qualiter, lancer de nouveaux podcasts ou me mettre sérieusement à la photo. Pour moi le travail est mort, je célèbre donc l’activité, rémunérée ou non : le capital je m’en carre et je m’en suis toujours carré 🙂

Laissez-moi m’épanouir ok ! Typiquement français comme réaction.

 

🌿🌵🌱 #latergram

Une photo publiée par sylvain paley (@sylvainpaley) le

 

Pour finir – et pour rassurer ma maman – après 6 mois d’activités je peux me féliciter d’être plutôt heureux de ce nouveau mode de vie, aussi bien au niveau du plaisir que me procure les projets sur lesquels je travaille, tous hyper intéressants et diversifiés, qu’au niveau financier. On passe beaucoup trop de temps à bosser pour ne pas y prendre du plaisir.

Méditez là dessus ce sera ma seule morale dans ce flot d’Instagram outrancier.

À vous Paris.

 

freelance projets questions vie professionnelle voyage

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  1. Vraiment sympa cet article. Un futur article pour savoir si tu as quand même des routines ? Et aussi, quel est ton secret pour suivre 5k comptes Insta mais aussi avoir une activité aussi « importante » sur Twitter, sans compter tes projets annexes ?

  2. Ton article tombe à pic dans ma réflexion du moment. Il est trés juste, très bien écrit. Bravo !

  3. Je vois que tu passes pas mal de temps dans mon quartier (Haggerston). Fais signe la prochaine fois que tu passes dans le coin 🙂

  4. Encore une fois un article précieux où on aimerait te poser encore tout plein de questions.
    Plutôt dans la même situation que toi, mais je débute, ya plein de question que tu te poses, de doutes, d’astuces dont t’aimerais bénéficier. Pas forcément sur la partie jolies bureaux à Londre même si c’est tentant, mais surtout la manière de gérer les projets, le temps que t’y passes sur une journée/semaine quand t’es sur ces 4 mois de boulot fou, etc.
    En 2017, Bordeaux sera aussi « prêt » que Londres en termes de temps, donc n’hésite pas à passer. On a des jolis bureaux aussi. Sans l’atmosphère londonnienne. Et sans passer par Darwin avec ses cafés à prix parisiens 😀