folder Filed in Aventures
Comme un freelance : Reykjavik en Fevrier
Un stopover dans la capitale islandaise pour bosser un peu tranquille (et voir des aurores boréales)
Sylvain comment 4 Comments

Comment expliquer que quitter l’Islande soit toujours un déchirement ? Je n’y suis allé qu’à deux reprises et pourtant, systématiquement au moment du départ, je laisse une partie de moi. Je ne crois pas qu’il existe un autre lieu qui me fasse cet effet. Ou alors je ne l’ai pas encore visité.

Pardonnez mon romantisme mais je tape ces lignes depuis l’aéroport de Los Angeles : il est 18h à l’extérieur mais il est 2h dans mon corps, et je me suis envoyé pas mal d’IPA dans l’avion et puis comme je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin je suis au bar du Terminal en train d’attendre le vol de Flore depuis Londres.

Reykjavik snow aurora borealis northernlights
En arrivant sur l’île, des chutes de neige historiques m’avaient précédé



Icelandair et Wow Air, les deux compagnies aériennes icelandaises ont mis au point un stratagème astucieux qui a grandement permis de développer le tourisme de l’île. Le principe du stopover est simple : un vol Europe -> USA va faire une escale à Reykjavík, que cette escale dure 1h30, 3 jours ou deux semaines, le prix du billet est le même.

N’est-ce pas.

J’ai donc profité d’un Paris -> L.A. pour passer 4 jours à Reykjavik, car j’avais fait la promesse d’y retourner, c’était l’occasion. J’en avais besoin aussi.
J’ai séjourné au Kex Hostel, qui se définit lui-même comme un social hostel. Pour le côté social je ne sais pas, mais c’est clairement le lieu le plus hipster de tout Reykjavik. Que cela ne vous empêche pas d’y passer une tête : le lieu est très beau, bien décoré et la vue sur le fjord est juste à couper le souffle. Se réveiller tous les matins devant ce paysage, noyer son cerveau de caféine tout en vidant son esprit dans la contemplation de ces étendues blanches qui plongent dans l’océan puis – il le faut bien – travailler avec cette lumière, c’est une situation incroyable.

Le seul problème du Kex. Le GROS problème du Kex, c’est qu’en plus d’être un hostel, c’est également un restau hors de prix. L’Islande est un pays très cher, mais le Kex c’est encore pire. Une Islande dans l’Islande. Ce n’est pas si  grave : le principe d’une auberge de jeunesse c’est aussi de se faire à bouffer dans les cuisines, mais on aimerait au moins pouvoir boire une bière à moins de 12€.

Pendant ce temps à Los Angeles, je commande une autre bière, l’avion de Flore a du retard. Je vais être complètement pété.

Alors oui une anecdote.

Wow Air est une compagnie Low Cost. Pas d’écran dans les appui-têtes (Reykjavík -> L.A., c’est quand même 9h, t’as intérêt à avoir chargé des séries) et pas de repas inclus. Ryanair-style : pour tout ce qui dépasse, tu casques. Par contre, tu as le droit d’apporter ta propre bouffe inflight et te gérer ton petit pique-nique au calme. Moi, naïf, je me suis dit que c’était pareil pour les boissons. Quelle n’a pas été ma surprise de me faire retoquer par l’hôtesse parce que : les boissons oui, alcoolisées non. J’ai donc passé huit heures à m’enfiler des canettes en cachette en faisant croire à l’hôtesse que c’était toujours la même. Je pense qu’elle n’était pas dupe mais qu’elle était très gentille.

Reykjavik snow aurora borealis northernlights
La vue depuis le Kex

L’Islande coûte cher en général. On retrouve vite des habitudes d’étudiant bouffeur de pâtes. C’est pour ça que l’hostel et ses cuisines sont un bon plan pour Reykjavik, et le camping quand on visite l’Islande en itinérant.

Si vous voulez vraiment bouffer dehors, il faut avoir les plans :  la Noodle Station sur Laugavegur (prenez les végétariennes, deux fois moins cher) ou le shawarma du réfugié Syrien sur le square Ingólfur.

Si vous devez bosser un peu, vous pouvez rester au Kex (pour 500 ISK vous avez un café en refill illimité) ou vous pouvez bouger un peu et aller au Stofan Café, à peu près le même prix avec refill illimité, il y a moins de monde, l’ambiance est douillette et ils ont l’habitude d’avoir du touriste sur laptop.

Au Kex Hostel
Au Kex Hostel

Entre nous, le Reykjavík du touriste, en s’y prenant bien, c’est bouclé en 2 jours, voire 1 seul si on est vraiment efficace. Après il y a plusieurs possibilités : soit on joue l’extension du domaine touristique et on se fait le Golden Circle (Geyser + Cascade + Parc Naturel en une journée depuis Reykjavík), soit on tente de vivre comme un local. Très honnêtement, la première solution consiste à passer 8h dans un bus avec des ricains et des japs à photographier des attractions que 200 autres personnes photographient en même temps. Autant garder ça pour le jour où vous passerez une semaine et demi en road trip autour de l’île. La seconde solution est nettement plus sympa : elle consiste à se promener dans les parcs et lire dans les librairies/café, s’éclipser le temps d’une journée au nord ou au sud (il existe un site rudimentaire pour gérer les covoiturages) ou alors aller à la piscine.

eglise, church Hallgrímskirkja
Hallgrímskirkja

 

Hahaha. La piscine. Je vous interdis de quitter Reykjavík – même pour un stopover de 3 jours – sans être allé à la piscine.

Il faut savoir un truc d’abord, par rapport à l’eau. L’Islande est un pays qui a la chance d’avoir une activité géothermique très intense. C’est-à-dire des sources d’eau chaude dans tous les sens. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle les légumes sont les aliments les moins chers et que l’on trouve des tomates en hiver. Si vous restez au Kex, vous allez aussi kiffer : les douches. Chaudes de manière illimitée et elles tombent sur vous comme une énorme pluie bouillante. C’est un des trucs les plus agréable du monde. Vous avez donc deviné pour la piscine. C’est une institution ici. Pas besoin d’aller avec les touristes au fucking Blue Lagoon, allez dans n’importe quelle piscine municipale et vous aurez un hot tub tout fumant en extérieur. C’est la base.

Par contre vous avez déjà entendu le refrain : douche à poil avec les Islandais, qui n’ont absolument aucun complexe avec leur nudité.

Reykjavik snow aurora borealis northernlights
La vue sur le fjord depuis Sun Voyager

On va pas se mentir : j’étais en Islande pile dans la meilleure période pour observer les aurores boréales. Le plan est plutôt simple. A la tombée de la nuit, vous vous calez au chaud au bar avec Aurora Forecast ouvert sur votre laptop. L’intensité des lumières se mesure en Kp : plus vous êtes au nord (et plus vous êtes loin de la pollution lumineuse) moins vous avez besoin de guetter des forts Kp. Disons qu’à Reykjavik, à partir de 4 ou 5 vous commencez à être pas mal. Si en plus le ciel est dégagé, il ne vous reste plus qu’à choper le bus et vous rendre à Grótta : le phare au bout de la péninsule au nord-ouest de la ville.

Reykjavik snow aurora borealis northernlights
Aurora Borealis

 

Pour le bus, soit vous avez l’appoint en cash, soit vous téléchargez l’app (il va l’installer en Islandais, il faut un peu tâtonner pour trouver les paramètres et changer la langue).

Fun fact : je n’ai pas retiré une seule fois dans un ATM, les islandais prennent la CB absolument partout.

Reykjavik Hallgrímskirkja
Hallgrímskirkja

Bref. Je vous conseille le stopover si c’est sur votre route, mais vous ne pourrez pas dire que je vous ai pas prévenus : vous allez laisser un petit bout de vous là-bas.

J’ai de plus en plus de mal à boire cette bière. Je suis entouré de personnes qui – comme moi – attendent des avions qui atterrissent mais je suis de plus en plus persuadé qu’il s’agit d’un prétexte et que ces gens sont alcooliques. Je me remets en question. Puis je me rappelle que j’ai le droit : il est 3h30 du mat’

 

On récapitule :

 

Bien sûr, les photos :

 

aurore boreales freelance iceland islande northernlights reykjavik stopover

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cancel Laisser un commentaire

  1. Y’a pas de smiley avec le cœur dans les yeux, ou le cœur avec les pieds, mais c’est tout comme. Ça fait très envie, merci beaucoup !

  2. Et donc ces aurores boréales, là, tu les vois à l’oeil nu ou tu regardes l’écran téléscopique de ton réflex ?

  3. Merci @Nicolas !

    @Charles : tu les vois quasiment comme ça à l’œil nu. La couleur n’est pas aussi prononcée mais tu vois du vert, ça danse, c’est à chialer.

  4. Énorme ce concept, par contre pour les valises ça va du short à la doudoune ahah. Tes photos donnent envie d’y aller !

    Yasmina