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Coupé du monde en Écosse au bord d'un Loch
A 2h de Glasgow, dans une cabane minuscule, avec du champagne et du whisky
Sylvain comment 2 Comments

Ça m’a complètement empêché de dormir hier soir : impossible de me souvenir à quoi est liée, dans mon enfance, cette fascination pour l’Écosse. Pourtant aussi loin que je me souvienne, j’ai en tête cette image carte postale d’un loch gigantesque entouré de grasses et vertes collines. Plus tard, j’y ai aussi associé la brume d’un village flanqué au bord d’une falaise. Je m’imaginais rentrer dans un pub du bout du monde, dans lequel de vieux scots édentés me raconteraient des légendes à dormir debout en recrachant la fumée acre de leur longue pipe. Le son des cornemuses et les légendes celtiques ont également joué un rôle déterminant dans la construction mentale de ce pays. Un peu d’Highlander par ci, un peu de Tolkien par là, et puis un soupçon d’Hugo Pratt bien sûr…

 


 

Je passe désormais la plus grande partie de ma vie au Royaume-Uni et j’ai bien l’intention d’en explorer les campagnes. Après des mois d’organisation de notre mariage, nous avions mérité un petit break. Un mini voyage de noce avant le voyage au Japon. Le vigneron auprès de qui nous avions commandé le champagne nous avait confié une bouteille précieuse, un millésimé, et je voulais le boire dans un endroit spécial.

 

L’Écosse semble être un endroit privilégié pour ce genre de « romantic getaway ». Des cottages immenses avec jacuzzi sont légions, mais nos besoins sont parfois plus rustiques et authentiques, et c’était le cas ce week-end.

Leslie est une vielle dame écossaise qui vit sur les rives du loch Doine, près de Balquidder et Monachyle. En plus de gérer un hostel qui semble égaré entre deux enclos à mouton (à moins qu’il ne soit à l’intérieur de l’enclos, et à ce moment là l’hostel serait aussi une ferme, on n’a jamais compris), cette hippie gaélique (elle le revendique) entretient de vieilles huttes et cabanes qui accueillent l’été toute une communauté de woofers qui l’aident à la ferme et à la restauration.

J’avais donc repéré sur Airbnb cette petite hutte de rien du tout, pas plus grande qu’un van, équipée du strict minimum pour manger et se chauffer. Le plus important était d’être loin de tout, dans la forêt, au bord d’un loch, avec plein de whisky.

En train, Glasgow est à 5 heures de Londres. C’est peut-être plus long que l’avion (encore que) mais c’est plus écologique, et on peut emporter un magnum de champagne dans son sac à dos. Arrivée la-bas, nous louons une voiture : Balquhidder est à seulement 2h de route, ce à quoi il faut rajouter une trentaine de minute de gravel road pour rejoindre la ferme. Malgré une appréhension énorme de la conduite à gauche, je finis par ne pas trop mal m’en sortir (même si j’ai failli faire la connaissance du fossé à de nombreuses reprises). Nous sommes en octobre, les conditions sont encore bonnes mais en levant la tête, on voit que la neige n’est pas loin.

Nous arrivons sur les lieux après avoir fait le plein de solide et de liquide. Il pleut, bien entendu.

 

Le ruisseau qui vient rejoindre le Loch Voine

 

Oui mais il y a des moutons partout. La forêt est couverte d’un matelas de mousse dans lequel nos bottes s’enfoncent avec un délicieux bruit de succion. À travers les hublots de notre hutte, on voit le loch et les montagnes autour. Et puis la paix. Rien que nous deux, des bûches à faire cramer, des whiskys à déguster et des livres à dévorer.

Car nous sommes à deux pas de la tombe de Rob Roy, un antihéros écossais, un Robin Desbois qui penche plus du côté bandit que du côté justicier. Un highlander qui portait le mauvais nom de clan, impliqué dans des guerres et des manipulations qui le dépassaient et qui a fini ses jours dans cette région. Dans le roman de Sir Walter Scott, il est en réalité un personnage secondaire, mais très haut en couleur.

C’est une manie que je recommande : toujours emporter un bout de littérature en rapport avec l’endroit que l’on visite. Le morceau de cornemuse que vous entendrez dans la vidéo est intitulé MacCrimmon’s Lament et il s’agirait du morceau demandé par Rob Roy sur son lit de mort : « A présent, tout est fini. Le joueur de cornemuse peut entamer le Ha til mi tulidh »

 

Par le hublot de la hutte

 

Comme vous allez le voir dans la vidéo, l’occasion était trop belle pour ne pas essayer pour la première fois le drone que je me suis offert (un DJI Spark, pour ceux que ça intéresse : la qualité n’est finalement pas trop mauvaise, sauf en basse lumière où c’est catastrophique. Il faut que je regarde si je peux baisser les ISO manuellement). J’avais également emporté mon micro, ce qui m’a permis pour la première de jouer un peu plus avec le son que d’habitude. Dîtes-moi ce que vous en pensez !

Comme d’habitude, cette escapade était bien trop courte. Mais le lieu est à retenir pour d’autres saisons, même si pour une fois, j’ai eu l’impression de saisir toute la beauté de l’Écosse en la visitant en automne.

Ah, et je n’ai absolument rien pêché.

 

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