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Carnet de route #1
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J’aime assez mettre des # dans mes titres, pour la bonne raison que le chiffre ne va, la plupart du temps, pas au-delà de #1.

Soyons clairs tout de suite : je ne suis pas parti sur un autre continent, ni dans un autre pays, pas même en Europe. Je ne vais pas vous montrer de photos des îles ou une vidéo de Montreal, encore moins une photo volée de l’hôtesse de l’air qui a laissé sa main sur mon épaule un peu trop longtemps.

Pour la bonne et simple raison que je voyage en camion, en itinérant et dans nos frontières. J’estime que je partirai à l’étranger lorsque j’aurai connu toute la France (sauf le Nord, merci bien).

Au lieu de noter mes observations dans un moleskine de merde, n’en déplaise à Pascal Cardonna, j’ai un téléphone qui me permet de noter mes observations, aussi futiles soient-elles. Pourquoi ne pas en profiter pour les mettre en ligne, hein ? Bon.

On est parti hier, dimanche, de Haute-Loire où j’ai volé le cametard (c’est comme ça qu’on dit en punk) aménagé de mes parents. Direction Carcassonne et sa cité medievale dont je gardais un très bon souvenir de jeunesse. On y est arrivé ce midi, et c’était bien de la merde.

Je vous dresse le tableau : prenez une ville pourrie (type Saint-Etienne) : de la consaguinité, du chômage, de la drogue, un accent des plus immondes. Repliées sur elle-même toute l’année, la ville triple sa population (et ses déchets) l’été. Des voitures, des familles, des petits chiens, des marcels, des cous rouges, des tribaux tatoués, des hollandais, des poussettes; le tout réuni dans les minuscules ruelles pavées de la Cité (2 mètres de large). Imaginez le Mont St-Michel sans sa baie.

“REGARDE CHÉRIE UNE ENSEIGNE DU MOYEN AGE, C’EST MARQUÉ ‘SOUVENIRS’ C’EST TROP BEAU”

Bon. Je ne suis pas snob, c’est une population que l’on rencontre sur tous les lieux touristiques de France. Sauf la ‘femme’ à moustache dont le flash du reflex à 800 euros avec téléobjectif se déclenche parce qu’elle est à l’ombre d’un frêne. Sauf la maman taillée comme une camionneuse et coiffée à la brosse avec une mèche rose et qui appelle son chien Louise.
Sauf…

Non. Ces gens ne sont pas normaux.

C’est donc après avoir bu un coca dans un bar (remember : on a pas de sanitaires) qu’on reprend le volant direction Font-Romeu, au coeur des Pyrénées.
Et il faut avoir le coeur bien accroché sur la route : imaginez les nuages du Mordor léchants les cimes du mont Caradrás pendant que vous vous frayez un chemin en 3,5 tonnes dans les mines de la Moria.

Mais putain arrivé en haut c’est la folie.

Sur le chemin j’ai voulu faire :
– “Du rafting !” – “Non ça me fait peur”

– “Pechez la truite que vous mangerez !” -“Regarde-les, ces truites sous morphine, à moitié crevée dans leur bassin”

– “Une randonnée à cheval !” – “D’accord demain s’il fait beau”

Mais putain arrivé en haut, tu as tout oublié. En plein orage, des éclairs qui zèbrent le ciel à 360 degrés, le tonerre qui résonne pendant 10 minutes : tu attrapes le parapluie et tu cours jusqu’au restau le plus proche. Et là, panorama sur la frontière espagnole, le soleil qui perce fébrilement les nuages en installant cette lumière étrange, jaune. Et boum : DOUBLE RAINBOW ALL THE WAY WHILE EATING A STEAK (voir photo. ‘fin z’êtes pas con).

Puis la nuit tombe, concert d’éclairs en do mineur sur l’espagne.

“Il fera beau demaing” nous dit la serveuse avec son terrible accent. On la croit nous, parce qu’on n’a vu ni marcel, ni coupe de cheveu bizarre, ni hollandais. Alors on se dit que demain il fera beau, et qu’on ira faire du cheval.

Même si j’en ai jamais fait.

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